Sri Lanka

Vendredi 7 novembre 2008
     


    Bientôt trois mois que je suis revenu du Sri Lanka, une petite île magnifique au large de l'Inde connue par le passé sous le nom de Ceylan, bon nombre de navigateurs des siècles passés ont eux aussi été émerveillé par la beauté et la diversité de ce pays. De retour en France et par un temps pluvieux au beau milieu de l'automne, quoi de plus sympathique qu'une tasse de thé bien chaude, ça tombe bien, le thé et le Sri Lanka sont intimement lié, qui n'a pas chez lui une boîte de thé ou la mention Thé de Ceylan ne figure pas : petit historique et photo de mon cru au pays de l'or vert.

.    Selon la légende, le thé est né en 2737 avant J.-C, en Chine, où l'Empereur Chen-Nung se reposait à l'ombre d'un théier. A son réveil, alors qu'il veut étancher sa soif, il s'empare de sa coupe dans laquelle était tombé pendant son sommeil des feuilles de l'arbre sous lequel il dormait. C'est alors qu'il fut conquis par cette drôle d'infusion, cela devint tout de suite sa boisson préférée et tout son peuple l'imita.


    On trouve des versions différentes de cette légende au Japon et en Inde mais à chaque fois le nouveau breuvage sert à réveiller un prince endormi. Le thé arrive au Japon au IXe siècle et Gengis Khan en fait boire à ses cavaliers pour les rendre plus combatifs.
En 1650, le thé arrive en Angleterre et face au succès qu'il rencontre, Cromwell le taxe immédiatement. Très vite les Anglais cherchent à s'emparer de pieds de théiers pour pouvoir en faire la culture puisque la Chine en a pratiquement l'exclusivité.

    Au Sri Lanka, le thé est la principale ressource via les exportations et son arrivé dans l'île est dû à une catastrophe. Au XIXe siècle, c'est la culture du café qui constitue la base de l'économie, ce dernier fût introduit par les colons anglais, mais une maladie parasitaire survient et ruine les plantations, c'est alors que l'or vert arrive dans l'île. James Taylor, un colon écossais décide de planter des graines venant du jardin botanique de Peradeniya, et dès 1873, les premières caisses de thé de Ceylan partent pour l'Angleterre.

En 1894, est créée l'association des négociants en thé à Colombo, et un milliardaire irlandais au nom bien connu de nos jours : Thomas Lipton, s'installe en Angleterre et achète un partie des terres de Ceylan. Il donne alors aux cultures un développement industriel. De nombreux navires vont désormais faire la navette entre Londres et Colombo et la reine Victoria anoblit le négociant qui devient alors "Sir Tea".
L'avantage du thé est qu'il peut se récolter toute l'année, il suffit de cueillir tous les quinze jours les deux dernières feuilles de chaque plant et le bourgeons terminal où se trouve tout l'arôme.

    La cueillette est l'affaire des femmes tamoules, descendantes des familles émigrées d'Indes du Sud vers 1840 qui fuyaient la misère et la famine. Aujourd'hui encore les conditions de travail des femmes cueilleuses de thé sont très dures, par tous les temps et pendant des heures, elles arpentent les plantations escarpées qui s'étendent à perte de vue remplissant leur panier de feuilles, un panier qui finit par peser très lourd. Les ouvrières du thé qui ne cueillent pas sont embauchées dans les manufactures de transformation des précieuses feuilles, leurs conditions de travail ne sont cependant pas plus faciles, travaillant dans des bâtiments où la chaleur et l'humidité règnent en maitres et dans le bruit assourdissant des nombreuses machines, qui trient, broient et sèchent les feuilles.

  
 Le thé, riche en théines, fluor, vitamines et oligo-éléments mais aussi en polyphénols, des anti-oxydants naturels qui empêchent le vieillissement des cellules. Il fût d'ailleurs longtemps considéré en Europe comme une tisane à usage médical. Les Sri Lankais, héritage oblige, le boivent comme les Anglais avec du lait.



  

     On reconnaît le thé du Sri Lanka à sa couleur cuivré et à son parfum vif et piquant, son goût lui, est sensiblement différent d'une région à l'autre, les thés d'altitude sont bien souvent meilleurs.
Le Sri Lanka reste le troisième producteur de thé au monde, entre 200 Mkg et 280 Mkg, selon les années.


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Par Ludovic
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Lundi 4 février 2008
Je n'aviguais vers Ceylan, une montagne se dressait dans toutes sa gloire. Ceylan n'est séparé du Paradis que par une faible distance ; l'on y entend, paraît-il, le chant de la fontaine céleste ; c'est le lieu le plus merveilleux de la Terre.

Giovanni de Marignolli, légat du pape (1355)



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Voilà comment depuis des siècles, les navigateurs, les missionnaires, mais aussi les simples visiteurs de passage décrivent le Sri Lanka. Marco Polo parle même de « la plus belle des iles au monde, de dimension comparable ». Ceylan fut une merveilleuse découverte pour les navigateurs, pendant des siècles, l’ile est reliée à l’Occident par deux grandes routes commerciales : la route de la soie sur terre et une route maritime à travers l’océan Indien.

Aujourd’hui le Sri Lanka n’a rien perdu de son attractivité, végétation exubérante, sites grandioses vestiges de 2300 ans d’histoire pendant lesquels les 180 rois successifs de Ceylan ont construit des monuments comparables à ceux des Pharaons : le Dagoba (dôme de brique) du Jetavana à Anuradhapura, édifié au III siècle en hommage à Bouddha, est l’édifice le plus haut du monde antique après les 2 plus grandes pyramides de Gizeh (photo ci-dessus).

Ces villes saintes, ces cité antiques, ces sculptures géantes, ces peintures précieuses et ces forêts aux essences rares, constituent les inestimables témoins d’un passé exceptionnel. L’UNESCO a d’ailleurs inscrit 7 des trésors du Sri Lanka au Patrimoine mondial de l’humanité.

Le tableau serait parfait si un terrible conflit ne sévissait pas depuis maintenant 25 ans, opposant le gouvernement à l’organisation séparatiste des Tigres tamouls (Liberation Tigers of Tamil Eelam, LTTE). Ces derniers, hindouistes, se battent pour obtenir l’indépendance du nord et du nord-est du Sri Lanka, le pays étant composé à 75% de Cinghalais bouddhistes. Les attentats se multiplient dans plusieurs villes et en particulier dans la capitale Colombo.

Et alors qu’aujourd’hui 4 février 2008, le pays fête le 60ième anniversaire de son indépendance de la Grande-Bretagne (le 4 février 1948), on apprend que deux nouveaux attentats meurtriers ont été revendiqué par les Tigres tamouls samedi 2 et dimanche 3 février 2008, le premier à Dambula à 150 km de Colombo et l’autre à Colombo même à l’arrivée d’un train en gare, faisant respectivement 20 et 13 morts ainsi que des dizaines de blessés. En effet, les violences vont crescendo entre Colombo et les rebelles des LTTE depuis le 16 janvier, ces derniers n’étant plus tenus par le fragile cessez-le-feu signé le 23 février 2002 sous l’égide de la Norvège.

L’île à l’économie plutôt prospère, qui à fait la une des médias lors du tsunami de décembre 2004, s’enlise dans le plus vieux conflit en cours en Asie, une guerre oubliée et en particulier des médias où alternent phases de combats, d’attentats et périodes d’accalmies, une guerre qui a fait depuis 25 ans entre 60 000 et 70 000 morts.

 

Par Ludovic
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