L'histoire de la Shoah... le repli annoncé du gouvernement

Publié le par Ludovic

Le 13 février dernier Nicolas Sarkozy annonçait lors du diner annuel du CRIF son intention de mettre en place dès la rentrée scolaire 2008 un système de parrainage d’enfants victimes de la Shoah auprès des élèves des CM2. En effet, chaque enfant se verra confier l’identité et l’histoire d’un des 11 500 enfants français exterminés par les nazis. Ce désir du Président s’inscrit dans une réforme de l’apprentissage en école primaire. Cependant ce projet sème rapidement le trouble auprès des politiques comme auprès de l’opinion publique. Et pour cause, que penser de cette idée qui consiste à demander à un enfant de 10 ans de s’identifier à un enfant mort ?

Il est alors intéressant de s’interroger sur la manière dont doit être abordée et enseignée l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Si il est impératif de respecter un devoir de mémoire, il n’est pas vraiment judicieux de la part du Président Sarkozy de vouloir mettre en place un tel projet, qui se base sur le côté émotionnel que provoque l’évocation de ce génocide, surtout auprès d’enfants de cet âge. Il est préférable d’appréhender ce sujet de façon critique et constructive. Le Président ne cherche-t-il pas à faire comme l’a dit un historien dans une tribune de Libération du « marketing émotionnel » ?

De fait, alors que depuis quelques jours, de nombreuses personnalités politiques dont Simone Veil s’insurgent de ce dessein présidentiel, s’inquiétant des conséquences psychologiques que pourrait avoir un tel parrainage ;  Xavier Darcos organise depuis hier la retraite, le ministre de l’enseignement ne parlait plus hier que « d’une intuition présidentielle » et « d’une démarche pédagogique ». Le fin diplomate essaie donc de transformer une initiative désastreuse en mesure applicable et acceptable sans pour autant critiquer Nicolas Sarkozy. En effet il affirme que le choix sera laissé aux enseignants et que c’est la classe qui parrainera un enfant victime et non plus un élève. Le repli avait été annoncé dès dimanche par Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, dans le Journal du Dimanche, elle reconnaissait que Simone Veil avait raison et qu’il fallait faire confiance aux équipes éducatives.

L’enseignement de la Shoah reste un sujet difficile, mise au programme des classes de CM1/CM2 en 2002 par Jack Lang alors ministre de l’éducation, il est retiré des points forts de l’enseignement par Gilles de Robien en avril 2007, puis réintégré en septembre de la même année par Xavier Darcos. L’histoire de la Shoah est enseignée également en troisième, en première et en terminale.

Publié dans Politique

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